‘Tonalités de Femmes’ reçoit Cheikh Oumar Kanté

‘Tonalités de Femmes’:
Cheick Oumar Kanté, les éditions parisiennes, Riveneuve, viennent de publier votre quatrième roman : ‘A Dongora, coulera à nouveau la rivière’. C’est le 10ème livre de votre bibliographie. S’il ne fallait retenir qu’une interprétation de son histoire, laquelle choisiriez-vous ? L’hymne à la femme ?


L’auteur lors d’une soirée poétique en France

Cheick Oumar Kanté :
– Oui, assurément ! C’est une véritable ode à la femme. Un être fort de caractère et profond d’esprit. Ce qui ne lui ôte ni la chair, ni le charme, ni la sensibilité. Ainsi, le sort qui lui a été, de tout temps, réservé dans tous les pays, aussi bien dans la vie courante que dans les arts et les lettres, change-t-il du tout au tout.
Dans ce texte, elle n’est pas réduite à une mère, à une sœur, à une fille, à une femme (dans le sens de compagne de l’homme). Elle n’y est pas une amante pour ne pas dire une maîtresse. Pas davantage un modèle pour peintre et sculpteur ou un top model sinon un mannequin ou, plus prosaïquement encore, un “porte-manteau” pour grand couturier.
Elle n’est pas installée sur un piédestal non plus et prise donc pour une muse dont le rôle consisterait à inspirer le créateur qui, lui, serait toujours un homme.
Le récit n’occulte pas pour autant les femmes qui ne sont pas plus exemplaires que certains hommes, parmi les plus machistes. Des portraits de quelques-unes d’entre elles représentent, çà et là, de bons repoussoirs pour l’ensemble des héroïnes positives.

‘A Dongora, coulera à nouveau la rivière’ n’est en aucune façon une hagiographie, une entreprise manichéenne de glorification de la femme. Et c’est bien parce qu’il fait dans la nuance que sa lecture est réjouissante.

Le sujet du roman ? Jessy rêve de voir son auteur favori, Gando, connaître la consécration qu’il lui semble mériter plus que d’autres. Amie de la femme dudit écrivain, Espérance, elle parvient avec elle, non sans quelques difficultés, à le convaincre d’accepter l’invitation à un rendez-vous. Celui de ses lecteurs de tous les pays à la demande insistante de ces derniers, l’objectif étant bien d’échanger autour de l’œuvre… « gandienne ».

Le lieu de la rencontre ? Les bords édéniques de la Dongora, rivière natale de l’écrivain, évoquée dans une de ses proses. L’occasion est unique pour voir s’écrire un livre en direct grâce aux merveilles de l’électronique. Sur fond de menace terroriste – virtuelle ou réelle ? – de la part d’obscurantistes pour qui un tel rendez-vous est tout sauf culturel.
Quels rapports Jessy entretient-elle avec l’écrivain et, avant lui, avec son épouse (comprendre : celle de l’écrivain) ? Les vrais liens entre les trois se découvrent de façon progressive sous la plume des personnages qui se relaient pour faire avancer le récit comme à une certaine discipline olympique.
Et, l’on ne peut être que ravi de voir apparaître au fil des pages, parfois en filigrane seulement, entre autres personnages féminins d’envergure, les écrivaines Simone de Beauvoir, Marguerite Duras, Benoîte Groult, Madeleine Chapsal, les chanteuses et/ou cantatrices Buika, Milva, Bartoli et l’une des mères de la Constitution allemande, Hélène Weber, qui affirmait en décembre 1949 :

“Un Etat dominé uniquement par des hommes est la ruine des peuples.”

Voilà pour la tonalité féminine, une des multiples entrées possibles du roman à l’écriture aussi limpide que l’eau de la Dongora !

Cheikh Oumar Kanté.

Un commentaire pour “‘Tonalités de Femmes’ reçoit Cheikh Oumar Kanté”

  1. Mike le 4/05/2011 à 10:02 Mike

    Nice post, interesting guest. Thanks.

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